Les examens officiels dans l’impasse

Written by on June 12, 2019

Les mouvements de mobilisation de ces derniers jours sur tout le territoire national engendrent des inquiétudes quant à la tenue des examens officiels prévus d’ici à ce mois de juin.

Le dédain manifeste des autorités face aux revendications populaires peut perturber le déroulement des examens officiels pour cette année. Déjà, les évaluations finales dans différentes écoles du pays ont été troublées durant le début de cette semaine par rapport aux différents mouvements de protestation organisés un peu partout pour exiger la reddition de compte quant à la dilapidation des fonds Petrocaribe et, en conséquence, la démission du président de la République, indexées dans le gaspillage de ces fonds par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA).

À Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province, des écoles n’ont pas pu fonctionner normalement à cause des mouvements de tensions sporadiques. Beaucoup de parents n’ont pas eu de choix que de garder leurs progénitures à la maison pour les protéger d’éventuels dangers. 

Face à cette situation, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a lancé un cri d’alarme pour « protéger le droit à l’éducation ». Dans un communiqué rendu public lundi 10 juin, le MENFP a tenu à rappeler « qu’il importe à toutes et à tous de protéger parallèlement les acquis scolaires et de permettre aux enfants d’avoir accès à l’éducation en toutes circonstances ». Preuve que le ministère s’inquiète déjà pour l’aboutissement de l’année scolaire. 

Après les mouvements de protestation d’octobre et novembre 2018 ayant débouché sur plusieurs jours « Lock » et les mobilisations de février 2019 qui ont été suivis par plus de deux semaines de paralysie totale des activités dans tout le pays, le MENFP se trouvait dans l’obligation de modifier le calendrier scolaire pour l’année académique en cours. Ainsi de nouvelles dates ont été choisies pour les examens officiels de cette année. 

Selon ce calendrier modifié, les examens de 9e année fondamentale sont fixés du 24 au 26 juin 2019, les examens des écoles normales d’instituteurs (ENI) du 24 au 28 juin 2019 et les examens des centres d’éducation familiale (CEF) du 24 au 28 juin 2019. Pour ce qui est des examens de fins d’Études secondaires, ils ont été prévus du 8 au 12 juillet 2019 alors que la 2e session des recalés du Bac, du 8 au 12 juillet 2019.

Nous sommes à moins de quatre semaines de l’ensemble de ces examens officiels et les tensions recommencent dans les rues de la République. Ce qui provoque de grandes inquiétudes, sachant que les autorités s’amusent toujours à faire la sourde oreille face aux revendications populaires. 

En effet, les émeutes des 6,7 et 8 juillet 2018 devaient rendre les autorités plus réceptives aux cris de la population. Cependant, ce n’est pas ce qu’on a constaté. Si le président de la République, à chaque fois que les rues demandent des comptes, trouve un bouc émissaire, il n’a jamais modifié, pas même à la surface, sa gouvernance décriée par la majorité de la population. Au fait, ce sont quasiment avec les mêmes têtes qu’il revient à chaque fois. Une indifférence qui a su augmenter la colère populaire.

Depuis le renvoi de Jean-Henry Céant, le président tente en vain de faire ratifier un gouvernement contesté par la population et de nombreux acteurs politiques. Les contestations et les critiques n’ont pourtant pas réussi à arrêter le président qui dit adelante avec son Premier ministre nommé, Jean Michel Lapin, et du cabinet ministériel de ce dernier. 

Le dernier rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) vient jeter de l’huile au feu. Jovenel Moïse étant accusé de détournement de fonds devient de plus en plus contesté. Certaines catégories qui, au départ, tout en exigeant que lumière soit faite sur la dilapidation des fonds Petrocaribe, n’ont pas revendiqué le départ du président, exigent à présent que le chef de l’État démissionne et se rende à la justice. 

Peut-on espérer cette fois que les cris de la population vont être entendus par les autorités ? En tout cas, pour ce qui est de la démission du président, l’un de ses conseillers a déclaré que cette option ne fait pas partie de son plan. L’on doit tout au moins espérer une issue à cette crise au plus vite afin que les élèves puissent terminer l’année scolaire et participer aux examens officiels normalement. 

Ritzamarum Zétrenne


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